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Lyon, le 25 juillet 2018

Affaire Benalla : « Qu’ils viennent me chercher » ou l’arrogance grossière d’Emmanuel Macron

 

Dans la tempête, le « chef » Macron aura donc eu pour seul courage que celui de s’expliquer en cercle fermé, dans le confortable « entre-soi » de sa majorité. Expliquant dans le même temps qu’il était le « seul responsable » devant le peuple souverain. Mais nous le savons, Emmanuel Macron n’est plus à une contradiction près…

Dans la droite ligne du pouvoir monarchique mis en place par le Président de la République, il ne lui aura fallu que quelques courtes minutes d’intervention pour cibler l’ensemble des contre-pouvoirs pourtant essentiels de notre République : la presse, la justice et le parlement. Un discours qui n’avait rien à envier aux plus populistes des formations politiques. Le tout sous les applaudissements de son clan : une mise en scène soignée mais qui ne convaincra personne à la vue des faits mis au jour par les premières auditions des commissions d’enquête.


Alors que les parlementaires de la majorité expliquaient à qui voulait l’entendre, depuis plusieurs jours, qu’Emmanuel Macron n’était évidemment pas responsable des faits reprochés à Monsieur Benalla, le voilà qu’il décide de s’autoproclamer coupable. Pratique, puisque constitutionnellement irresponsable…
Le sens de la dramaturgie et les coups de buzz Jupitériens trouvent leurs limites dans l’Etat de droit. Les propos bravaches du Président de la République ne viennent aucunement éclairer comment une dérive individuelle a pu être couverte pendant plus de deux mois par les plus hautes autorités de l’État, Emmanuel Macron et Gérard Collomb en premières places. Ils ne répondent pas non plus à une question plus grave encore : le pouvoir a-t-il organisé une police privée parallèle, qui aurait pu avoir de graves conséquences pour la sécurité des institutions.
La Fédération du Rhône sait pouvoir compter sur la ténacité des parlementaires socialistes, sans qui les commissions d’enquête n’auraient d’ailleurs jamais vu le jour, pour poursuivre leurs investigations. Une attention toute particulière est portée sur la commission sénatoriale qui, elle, n’a pas à souffrir des blocages politiciens orchestrés par la majorité et probablement pilotés de l’Elysée.

Yann Crombecque,
Premier secrétaire fédéral

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