Ecrit le .

Loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt : un nouvel élan pour notre agriculture.
Entretien Avec Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt
Le 15 janvier dernier, l’Assemblée Nationale adoptait en première lecture le projet de loi pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt.  Elle doit permettre à notre agriculture de relever le défi de la compétitivité pour conserver une place de premier plan au niveau international, tout en mettant la jeunesse et l’agro-écologie au cœur de ses priorités. Le Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt revient pour Socialiste.Rhône sur les grands axes et les enjeux de cette loi.

Pourquoi faire une loi agricole ?
Cette loi s’inscrit dans une démarche globale. La France a d’abord obtenu, grâce au Président de la République en février dernier, le maintien du budget de la PAC alors même que le budget européen était en légère diminution. Il était en effet primordial, y compris dans ce contexte économique difficile, de préserver cette politique indispensable pour donner à l’Europe toutes les capacités pour répondre au défi alimentaire mondial. S’agissant de la France, je me suis battu au cours de cette année 2013 pour obtenir un accord majeur, celui portant sur la réforme de la Politique Agricole Commune. Ce sont plus de 64 milliards d’euros qui bénéficieront aux agriculteurs de notre pays sur la période 2014-2020. Mais il fallait aller plus loin et réformer en profondeur les grandes orientations de la PAC pour les adapter aux grands enjeux qui sont devant nous. Une PAC plus juste, plus verte, et qui favorise en priorité l’emploi et l’élevage. Cette réforme prévoit notamment de mieux soutenir les productions animales, d’encourager l’installation des jeunes et de doubler les moyens pour développer les pratiques environnementales et le bio. La Loi d’Avenir est dans le prolongement direct de cette démarche, puisqu’elle favorise la compétitivité de notre agriculture, la jeunesse et l’agro-écologie.

Quelles sont les grandes priorités de cette loi ?
Cette loi comporte quatre grands objectifs : la priorité à la jeunesse, l’agro-écologie, la compétitivité des filières, et la rénovation des relations agricoles au sein de la société. Elle porte d’abord la promesse du renouvellement des générations, défi majeur pour l’avenir de notre agriculture. Nous mettrons tout en œuvre pour favoriser l’installation des jeunes exploitants et encourager l’accès au métier d’agriculteur à travers de nouveaux dispositifs comme le contrat de génération, qui sera désormais applicable au secteur agricole. Cette loi doit également être un levier supplémentaire pour la compétitivité de notre économie. L’agriculture, l’industrie agroalimentaire et l’exploitation forestière ont un rôle stratégique à jouer dans le redressement productif de notre pays. Mais cette recherche de compétitivité ne peut se faire en marge de la transition écologique. Aussi, le projet agro-écologique pour la France prévoit notamment la création des GIEE, groupements d’intérêt économique et écologique. Ces collectifs d’agriculteurs permettront d’encourager des systèmes de production innovants en lien avec le potentiel des territoires. Mon ambition à travers ce projet de loi est que notre agriculture reste un atout pour la France, et qu’elle soit leader en Europe

Etes-vous confiant quant au déroulement des débats au Parlement ?
Je tiens tout d’abord à saluer la grande qualité des débats qui se sont tenus en première lecture à l’Assemblée Nationale. De nombreux parlementaires, toutes sensibilités confondues, se sont saisis des enjeux de ce texte pour y apporter des contributions utiles. Vous aurez d’ailleurs remarqué que l’UDI habituellement opposée aux textes proposés par le gouvernement, s’est ici abstenue. Une nouvelle étape importante nous attend au Sénat au mois d’avril, avec, je l’espère, une issue tout aussi positive. Il en va du redressement de notre appareil productif et surtout de l’avenir des femmes et hommes qui y contribuent jour après jour partout en France.

Les commentaires sont fermés.