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La dernière conférence de presse du Président de la République a été marquée par des annonces d’importance, structurelles pour la gouvernance de notre pays, aux niveaux national et européen.
Le cap du combat pour l’emploi a été fortement réaffirmé et je le salue car ce doit être là le combat d’une nation entière. Le Pacte de responsabilité, qui a pris forme concrètement avec le lancement du travail de concertation des partenaires sociaux et des représentants des entreprises, devra être un grand compromis social, exigeant des contreparties et impliquant toutes les parties prenantes (l’Etat, les collectivités locales et les partenaires sociaux).
Cette mesure ne fait pas l’unanimité au sein de notre parti et je l’entends. Pourtant, la politique gouvernementale ne saurait être analysée uniquement à l’aune d’une de ses composantes.
Il est important de souligner d’abord que le Pacte de responsabilité s’inscrit dans la droite ligne de ce qui avait été entamé avec le Crédit impôt compétitivité emplois (CICE) et, surtout, qu’il est mené en complémentarité d’une politique d’amélioration du pouvoir d’achat : emplois d’avenir, contrats de génération, plan de lutte contre la pauvreté, augmentations du SMIC, mesures de justice fiscale (ré-indexation du barème de l’impôt sur le revenu, augmentation de la décote…) pour les revenus les plus modestes, plafonnement des loyers…
Par ailleurs, il n’est pas superficiel de rappeler que ce choix du pacte de responsabilité est celui des entreprises, pas celui de leurs dirigeants. Il suffit, pour éviter l’amalgame, de rappeler la suppression du bouclier fiscal, le déplafonnement de l’ISF, l’instauration de la taxe à 75% ou encore les 40 mesures de lutte contre la fraude fiscale mises en place depuis juillet (4 fois plus de contribuables sont revenus déclarer leurs impôts en France cette année !).
Enfin, ce qui caractérise une politique de gauche, notre politique, ce sont aussi les autres politiques que nous considérons prioritaires : la priorité donnée à l’éducation, la prise en compte de la pénibilité dans le calcul de la retraite, la politique offensive menée dans le domaine du logement ou encore la taxation du capital au même niveau que celui du travail.
Nous savons tous que la bataille pour relancer la croissance est primordiale mais qu’elle ne peut être menée au prix de notre modèle social. Gardons-nous donc des jugements parcellaires et hâtifs, pour avoir confiance en ce que nous faisons collectivement.
Le choix du collectif est toujours le plus ardu : il implique l’acceptation du débat, parfois des concessions et, toujours, le respect des règles définies collectivement. Les exclusions récemment prononcées sont le reflet de cette difficulté. Aucune, aussi légitime soit-elle, n’est jamais décidée de gaieté de cœur et je regrette profondément les stratégies personnelles et autres opportunités politiques ont mené à ces sanctions. Ce n’est qu’unis que nous construisons les belles victoires.

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