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La 50ème proposition de François Hollande pour l’élection présidentielle est courageuse et reflète une évolution nécessaire du code électoral français : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. »
Il reprend ainsi une proposition qu’avait déjà émise, sans pouvoir la réaliser, François Mitterrand en 1981, reconnaissant ainsi la contribution des étrangers à la vie de notre pays, qu’il s’agisse de vie économique, associative, culturelle, artistique, etc. Et c’est sans compter leur participation égale à l’impôt.
Les socialistes ont fait avancer ce droit ce principe à chaque fois qu’ils l’ont pu. Une proposition de loi a été votée par l’Assemblée Nationale en 2000. Un des premiers vote de la majorité de gauche au Sénat a également porté sur cette question en décembre 2011. Plus récemment, Harlem Désir, dans son rôle de 1er secrétaire du Parti Socialiste, a écrit aux parlementaires pour leur demander de faire réussir ce projet.
Ouvrir le droit de vote aux étrangers, c’est reconnaître une citoyenneté de résidence.
Face à la droite et l’extrême-droite qui considèrent que la citoyenneté est consubstantielle de la nationalité, nous défendons la conception d’une citoyenneté de résidence. De nombreux pays européens nous montrent déjà l’exemple. A l’inverse, le comportement de certains ressortissants Français peut difficilement être qualifié de citoyen. C’est par la participation à la vie locale et aux finances publiques que l’on contribue à la solidarité nationale, pas par le hasard de la naissance.
A celles et ceux qui nous disent que nous voulons favoriser le communautarisme par cette mesure, nous répondons que ce sont au contraire les inégalités de traitement qui favorisent une organisation communautarisée de la société. Aujourd’hui, les étrangers extra-communautaires qui contribuent à la vie locale sont placés en situation d’invisibilité politique. Par ailleurs, en comptant les ressortissants de l’Union européenne, les étrangers participant aux scrutins municipaux représenteraient seulement 6 % du corps électoral.
Donner le droit de vote aux étrangers, c’est adresser une réponse citoyenne et républicaine en faveur de l’égalité aux tenants d’une France recroquevillée sur elle-même et soupçonneuse de l’Autre.
Lors du débat d’entre deux tours de l’élection présidentielle, François Hollande a refusé de s’engouffrer dans l’amalgame odieux et déplacé de Nicolas Sarkozy, qui associait sans scrupule étrangers, immigrés, musulmans et délinquants.
Face aux crises que traversent notre pays, et plus largement l’Europe, il est temps de dire « stop » aux logiques de haine et d’affirmer que notre Nation n’est jamais aussi forte qu’en étant fidèle à ses principes d’égalité et de fraternité.
Pour faire de ce nouveau droit une réalité, il faut changer la constitution. Pour cela, l’approbation des 3/5èmes des parlementaires (députés et sénateurs) est nécessaire. Si la gauche est majoritaire, elle ne peut atteindre seule la barre des 60%. Il manque aujourd’hui 25 voix pour faire aboutir ce projet.
Nous appelons donc les parlementaires socialistes et toutes les forces de progrès à se donner tous les moyens pour convaincre les  autres représentants du peuple français que la République Française ne sera que plus forte et plus fidèle à ses principes fondateurs en accordant le droit de vote aux étrangers, et ce, le plus tôt possible. 

2 Réponses à “Riposte: Le droit de vote des étrangers, c’est maintenant ?”

  1. Kamkoum Mira

    Ce projet du droit de vote des étrangers est important pour cette population on ne favorise pas le communautarisme par cette mesure et surtout pas un moyen de récupération mais tout simplement un respect de l’humain,ils sont très actives dans la vie locale association fédération culturel économique ect. Cela fait 32 ans depuis Miterrand, il est temps de donner sous la présidence de HOLLANDE ce droit légitime Ma mère à 92 ans elle aimerait voter pour elle c’est un geste citoyen cela fait 60 ans qu’elle vie en France ????????

  2. Claude DESO

    « Au travail, camarades élus ».Il est temps,grand temps que nous puissions mener à terme cette proposition incontournable qui nous tient à coeur depuis des décennies et qui ne peut avoir sur notre pays que des retombées bénéfiques.Rasséréner l’atmosphère,regrouper les citoyens, faire oublier la peur de l’autre,peur de l’étranger,nous n’avons pas le droit d’échouer. Sachons donc persuader afin de gagner.Cordialement.C.DESO