
La Fédération du Rhône a le plaisir de recevoir dans ses locaux Ismail Ferhat dans le cadre des « Rencontre Editions ». Enseignant d’histoire et doctorant au CHSP/Science Po Paris, il nous présentera son essai intitulé « La rose et l’école : quel projet scolaire pour le PS (1971-2002) ».
Synthèse
Le choc du 21 avril 2002, où a pesé la défection partielle de l’électorat enseignant vis-à-vis du Parti socialiste, a renforcé la gêne relative de celui-ci pour parler d’éducation. Cependant, la production de plusieurs textes ambitieux (Priorité à l’avenir en 2007, Convention sur l’égalité réelle en 2010) et l’accent mis par les socialistes depuis l’élection présidentielle de 2007 sur l’école nuancent la disparition de tout projet éducatif au sein du PS. Certes, l’ambition globale qui était celle des années 1970 semble aujourd’hui désuète. Il est vrai que les malentendus accumulés entre monde enseignant et PS n’ont pas simplifié la production de plateformes programmatiques audacieuses, de même que les questions centrifuges et déterminantes de « consommateurs d’école », de carte scolaire ou du rôle des collectivités locales déstabilisent les socialistes. Au-delà de cette actualité cependant, les projets scolaires du Parti socialiste ont suivi des lignes de force remarquablement stables depuis les années 1970. Les trois matrices de ceux-ci (culture républicaine, démocratisation de l’école, Mai 68) continuent en effet d’influencer les propositions des socialistes en matière scolaire, et se combinent selon des configurations renouvelées. De « Libérer l’école » en 1977 à « l’égalité réelle » dans les années 2000, ces tensions créatrices parcourent les rapports riches et passionnés entre le socialisme français et l’Education nationale.
