
En 1943, Henri a tout juste 17 ans lorsque, soupçonné d’être membre du parti Communiste français alors interdit, il est arrêté pour la première fois dans son Lycée par la police de Vichy ; interné à Saint Paul, il est libéré 3 semaines plus tard.
De retour en haute Savoie, il rejoint le maquis au col de Thônes puis retourne dans son Lycée d’Annecy et devient l’agent de liaison des maquis de Savoie et de Haute Savoie jusqu’au 7 Mars 1944, date à laquelle, porteur d’un message il est de nouveau arrêté par les Allemands en gare d’Annemasse et remis à la Gestapo.
De Lyon où il a été transféré, Henri est envoyé dans un camp à Dresde ou, durant 11 mois, il est contraint de travailler dans une usine de matériel électrique.
A la faveur d’un bombardement et de la panique Henri s’évade le 15 février 1945, avec quatre autres Français. Ils font plus de 550 km avant d’être repris au bord du lac de Constance alors qu’ils tentent de passer en Suisse. Renvoyés dans un camp en Forêt Noire, il est libéré fin Mars 1945 par les troupes Françaises.
De retour à Annecy, il passe avec succès son bac et reçoit la « Médaille de Combattant Volontaire de la Résistance ».
Très discret, Henri ne parlais jamais de son engagement durant cette période noire de notre histoire.
C’est en 1965, que je fais la connaissance d’Henri, venu s’installer avec sa famille dans notre quartier du Monteiller. De voisin, il deviendra bientôt un ami discret, serviable, d’humeur égale et apprécié de tous.
Economiste du bâtiment, Henri s’engage très vite dans le tissu associatif de la commune, mettant durant 40 ans ses talents de trésorier au service d’associations Neuvillois : Classes en 6, Maison des jeunes, Office de la culture et de la communication notamment, dont il était encore membre du CA l’an dernier.
Militant d’associations, souvent à l’œuvre pour régler les problèmes au quotidien, il s’était également engagé politiquement au PSU puis au PS dont il a été l’un des membres fondateur de la section de Neuville en 1975 et à plusieurs reprises candidat aux municipales à nos côtés.
Cher Henri, nous ne verrons plus, tôt le matin, ta silhouette parcourir d’un pas alerte les rues de Neuville
Adieu l’ami, tu as bien rempli ta vie d’homme, à tes petits enfants, à tes enfant, à ton épouse Maggy, je voudrais dire notre amitié et notre affection qui t’accompagne.
Jean Jules Machurat , maire honoraire Neuville sur Saône