
Riposte n°55
Dépendance
Le gouvernement a annoncé que la question de la dépendance ferait l’objet d’un projet de loi pour le courant de l’année 2011. Après avoir déstabilisé le système solidaire d’assurance maladie par la multiplication des franchises et des restes à charge ; après avoir gravement affaibli le système de retraites par répartition en remettant en causes notamment la retraite à 60 ans, voilà que Nicolas Sarkozy veut s’attaquer au sujet de la dépendance qui touche de plus en plus de personnes à mesure que l’espérance de vie augmente. Cette question est effectivement centrale, car les modes de financement actuels ne sont pas à la hauteur des enjeux futurs. Mais la droite porte déjà la responsabilité des grandes difficultés que rencontrent les départements dans la prise en charge des aides aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap, en ne transférant pas les moyens nécessaires. Elle s’apprête de surcroît à introduire un nouveau champ de privatisation de la protection sociale.
Une privatisation rampante
Certes, selon Roselyne Bachelot, toutes les hypothèses de financements sont sur la table. Mais en faisant de la baisse de la dépense publique un dogme et de la décroissance des prélèvements obligatoires une religion, le gouvernement se prive de facto de solutions construites autour de la solidarité nationale. La méthode employée pour la réforme des retraites augure mal du débat sur la dépendance. Alors que les socialistes proposaient de mobiliser des moyens nouveaux pour une problématique majeure, le gouvernement a fait peser le coût de la réforme sur le travail en pénalisant les plus fragiles. Les amis – voire la famille – de Nicolas Sarkozy se frottent déjà les mains en multipliant les publicités pour les retraites complémentaires. Ils risquent d’être à nouveau les grands gagnants du projet de loi si celui-ci fait le choix d’individualiser le financement de la dépendance en renvoyant les personnes vers des assureurs privés.
Un droit universel à compensation de la perte d’autonomie
Pourtant, comme pour les retraites, d’autres solutions sont possibles, à condition de se donner les moyens de mobiliser des ressources nouvelles. Quelle que soit l’organisation à retenir – par une cinquième branche de la Sécurité sociale ou par un dispositif géré par l’Etat et/ou les départements – le Parti socialiste affirme un droit universel à compensation de la perte d’autonomie fusionnant l’ensemble des dispositifs existants. Pour financer ce droit universel, la convention sur l’égalité réelle propose notamment de rétablir une véritable imposition sur les successions de patrimoines et de créer un grand impôt citoyen, fusion de l’impôt sur le revenu et la CSG, qui permettra de lever des ressources nouvelles conséquentes.