Auditions parlementaires – Vendredi 26 mars, la sénatrice Christiane Demontès et la députée Pascale Crozon, accompagnées de Laura Gandolfi ont reçu à la Fédé des représentants de l’UPA, de la CFDT, de la CGPME. Au menu de ces rencontres : l’avenir des retraites.
Les questions posées par les parlementaires
Comment peut-on assurer dès aujourd’hui aux plus de 50 ans la garantie du contrat passé avec eux ?
Comment peut-on redonner confiance aux jeunes, persuadés que leurs cotisations ne leur permettront pas de bénéficier d’une retraite convenable ?
Comment va-t-on régler le problème de l’emploi des séniors ?
Comment prendre en compte la pénibilité dans le calcul des droits à la retraite ?
Quelle solution pour la retraite des femmes ?
Audition de l’Union professionnelle artisanale (UPA)
Les positions et propositions de l’UPA
- Les leviers pour la réforme des retraites sont la durée de cotisation (41 années en 2012 puis 41,5 années) et l’égalité des régimes.
- L’UPA n’est pas favorable au recul de l’âge légal de 60 ans.
- Les entreprises ne doivent pas être plus ponctionnées qu’elles ne le sont aujourd’hui.
- Les régimes doivent être uniformisés.
- La pénibilité ne doit pas être prise en compte de manière globale car à chaque métier correspond une pénibilité particulière. Il faut aménager les conditions de travail des plus de 50 ans afin qu’ils puissent travailler dans de bonnes conditions.
Réaction – Christiane Demontès rappelle que l’espérance de vie des hommes de 45 ans est de 10 ans de moins pour les ouvriers que pour les cadres supérieurs et que les régimes spéciaux ont tous une raison historique et sont surtout liés aux conditions de travail de certaines catégories de salariés.
Audition de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME)
Les positions et propositions de la CGPME
- De manière générale, la CGPME prône un traitement des problèmes à la source, que ce soit au niveau de la pénibilité du travail, de la prise en compte des années d’études ou des années passées à s’occuper de ses enfants.
- Il faut remonter l’âge de la retraite.
- La notion d’équité est essentielle : des règles simples doivent être appliquées à tous, de la même manière.
- Les salariés doivent avoir les possibilités de racheter leurs années d’études, ce qui aujourd’hui est cher, difficile voire impossible dans certains cas.
- Concernant l’égalité entre les hommes et les femmes, les femmes ont leur place entière dans la société. Elles perçoivent un salaire complet, et ne sont en aucun cas lésées lorsqu’elles cessent leur activité pour élever leur(s) enfant(s). Concernant la question de la retraite des femmes, la CGPME est favorable à une action à la source, et non pas par compensation en fin d’activité.
- Il est important de maintenir les trois systèmes séparés : répartition, assurantiel et capitalisation.
- Une revalorisation des pensions serait une mesure contreproductive.
- La CGPME est favorable à une prise en compte de la pénibilité mais des outils sont nécessaires pour la mesurer. La compensation doit intervenir pendant l’exercice de l’activité pénible. Il n’est pas question d’une réparation au moment de la retraite.
Audition de laCFDT
Un constat de la CFDT
Les réformes de 1993, 2003 et 2008 ont été faites en oubliant de poser des questions majeures :
- l’évolution du monde du travail et de la précarité ;
- les carrières mixtes (activités dans le privé et le public) ;
- le cas particulier des femmes, des bas salaires, des petites retraites ;
- l’échec des négociations sur la pénibilité.
Interpellation
Christiane Demontès rappelle que la CFDT est le syndicat qui a dit « Réforme paramétrique ou réforme systémique, nous n’avons pas tranché ».
Les positions et propositions de la CFDT
- Il faut ouvrir le débat public, ce qui ne peut se faire en 6 mois.
- La décote est problématique puisqu’elle s’apparente à une double peine. Il suggère de la supprimer, en laissant le choix aux salariés de partir plutôt ou non.
- L’âge de 60 ans demeure l’âge légal.
- Avec la solidarité se pose la question de son financement : il doit reposer sur l’impôt, mais pour cela il est nécessaire de passer par une refonte du système fiscal français.
Merci à Paméla Zamoun pour ces éléments
une remarque rapide, c’est que, sauf le respect que je dois aux organisatrices du débat, il manquait : CGT et FSU qui ont toutes deux fait un travail assez considerable sur le sujet…avec, pour la cgt, pour la 1ere fois une demarche de débats et d’appropriation démocratique en direction des entreprises, et de tous les syndiques…
dommage!!!!!
Je respecte les organisations syndicales reçues. Toutefois, j’attire également l’attention, une grande organisation syndicale comme la CGT (entre autre) doit être auditionnée sur la question des retraites. Une approche technique du sujet, permet de voir que des solutions existent, qu’on nous ment en faisant une approche très superficielle de ce sujet. Nos retraites on y tient et pour demain aussi. Les valeurs qui ont présidé à leur fondation doivent être rappelées et défendues.
aite ne ferait qu’accroître le nombre de chômeurs sans rentrées pour les caisses de retraites, mais acroîteraient certainement le déficit de la Sécurité Sociale par de nombreux arrêts de travail. la solution passe par une cotisation prélevée sur tous les revenus, financiers et autres au non de la solidarité. En plus il faut fixer une retraite plancher et peut être aussi une retraite plafond