
Fabienne Atlan, secrétaire fédérale en charge des savoirs et de la culture, répond à nos deux questions sur la rupture du service public de l’éducation.
1. Pourquoi un parent d’élève de l’académie de Créteil a-t-il déposé plainte contre Luc Châtel, le ministre de l’Education nationale ?
Pour dénoncer des problèmes de remplacement dans la classe de sa fille. Depuis le début de l’année scolaire, elle a eu 18 enseignants différents et a manqué 13 jours de classe d’un enseignement pourtant obligatoire. Il a donc déposé plainte contre le ministre «pour faute grave d’organisation du service public de l’Education».
Les dysfonctionnements en cas d’absence des professeurs des écoles posent de nombreux problèmes qui devraient se multiplier dans les années à venir. En effet, le gouvernement continue de réduire les postes (-16000 postes cette année) et parmi ces suppressions, les premiers à en pâtir sont les postes de remplaçant.
Alors qu’il demande aux collectivités locales de mettre en place un service minimum d’accueil en cas de grève, le ministre n’est plus en mesure d’assurer la continuité du service public. C’est ce que met en lumière le dépôt de plainte de ce parent.
2. L’année dernière, les parents d’élève avaient également fortement réagi contre la suppression de postes d’enseignants Rased. Où en est-on ?
Le gouvernement a, en apparence, fait machine arrière en divisant par deux les suppressions de postes initialement prévues. De 3000, on est passé à 1500 dont 32 pour le Rhône. Je dis que le gouvernement a entendu les parents d’élèves en apparence car les 1 500 postes sauvés ont été sédentarisés, c’est-à-dire que lors d’un départ à la retraite, etc, ils ne sont pas renouvelés.
Le rased est un réseau d’enseignants spécialisés, de professeurs des écoles formés et de psychologues scolaires. Ces professionnels ont pour mission de fournir des aides spécialisées aux élèves en difficulté. Là aussi, les mesures prises par le gouvernement remettent en question la notion de service public d’éducation. L’école doit donner les mêmes chances à tous les enfants sur l’ensemble du territoire et pourtant ceux qui rencontrent le plus de difficulté sont de moins en moins bien accompagnés. Les postes d’enseignants spécialisés sont supprimés, ceux qui restent ont des emplois du temps éclatés entre plusieurs établissements ce qui est un frein pour le travail pédagogique en équipe et les maitres bénéficient de moins de formations. Aujourd’hui, lorsque qu’un enfant rencontre des difficultés,… il doit se trouver au bon endroit au bon moment.