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Prises de positionjeudi 15 octobre 2009
par Fédération

Réactions, contre-réactions, retour de bâton…

Si les moyens de communication actuels ont donné la possibilité à tous de partager une opinion et d’échanger, les politiques ont parfois la tentation d’aller plus vite que le numérique.

La réaction du PS sur l’affaire Mitterrand est un exemple d’une trop rapide prise de position.

Si sur le fond nous avions à faire part de notre vision concernant le tourisme sexuel et la prostitution, nous n’avions pas à prendre parti sur l’affaire privée d’un ministre, même si celle-ci  avait été rendue publique par son ouvrage.  Pour rappel, la prostitution n’est pas interdite en France. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les pratiques qui utilisent la détresse humaine qu’elle soit à Paris, Lyon ou  Bangkok. La détresse humaine reste malheureusement universelle. Le tourisme sexuel n’est qu’une des  formes de l’exploitation de l’Homme par  l’Homme. Il est donc important de réfléchir sur la question de la prostitution de manière globale pour ne pas laisser aux dogmes religieux ou politiques ce champ de l’organisation sociale clandestine. Le PS a su par le passé donner l’exemple sur des questions sociétales importantes (peine de mort et statut des homosexuel(le)s).

Nous savons quelles ont été les difficultés rencontrées par les homosexuel (le)s pour sortir du rang de la marge à celui de la normalité sociale. Et ce combat fragile n’est pas en soi terminé. Malheureusement et pour beaucoup, il existe encore une suspicion inconsciente entre l’homosexualité et la pédophilie. C’est donc toujours avec une certaine prudence qu’il faut aborder ces sujets.

L’intervention du porte parole Benoit Hamon n’a pas été comprise et entendue. En effet ce dernier n’a pas fait l’amalgame entre les pratiques homosexuelles du ministre et la pédophilie trop souvent au cœur des voyages à vocation sexuelle. Le front National lui a joué sur ce mélange des genres comme à son habitude. C’est donc bien la question du temps de l’intervention et de sa forme qui a posé problème.

Cette expérience malheureuse d’une cacophonie trop souvent à l’ordre du jour ces dernières années doit nous servir de leçon et poser le débat de l’intervention médiatique du politique. Rappelons-nous au PS ce qui a été fatal en 2002 à L. Jospin au-delà de son programme « qui n’était pas de gauche ». Une semaine avant l’élection, les médias avaient focalisés sur l’agression odieuse dont avait été victime l’un de nos anciens dans son pavillon. La réaction immédiate du politique n’avait pas permis de dégager véritablement la position de notre parti.

Certes l’expression de chacun doit être connu mais les interventions immédiates ne font que le jeu de l’opinion et donc du manque de réflexion.

 

Walter Graci

Secrétaire de section du 6

Membre du BF



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