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prises de positionjeudi 05 mars 2009
par Fédération

Ripostes n°43: l’université va mal


L’Université va mal

Certes, on ne nous apprend rien quand on nous ressasse que l’université va mal. Manque de budget, précarité étudiante, concurrence avec les grandes écoles… Tout cela n’est pas nouveau, et le PS n’a de cesse de dénoncer cette situation. Lorsque Valérie Pécresse a annoncé de nouvelles réformes sur l’université, il est vrai que la communauté universitaire ne s’est pas emballé outre-mesure. Non qu’une réforme ne soit pas nécessaire dans ce domaine, mais ils se souvenaient encore de la LRU qui avait conduit à un mouvement étudiant massif. On aurait pu croire qu’elle apprendrait de ses erreurs, mais Mme Pécresse a décidé de reprendre les mêmes ingrédients que la dernière fois : pas de concertation avec la communauté universitaire et la baisse de l’investissement de l’Etat.

Quels sont les points de mécontentement ?

La réforme du statut de l’enseignant-chercheur : le mouvement a d’abord commencé avec la réforme de la recherche. Directement issue de la LRU, elle complète la nouvelle autonomie de l’université par une réforme sur la recherche. Le décret présenté aux syndicats a été modifié depuis quelques semaines. Voici les principaux éléments aujourd’hui : la modulation de la distribution du temps entre enseignement et recherche. Or, dans un contexte de budgets restreints, les universités feront souvent le choix de demander plus d’heures d’enseignement que de recherche à un enseignant-chercheur. Les pénalités pour les enseignants-chercheurs mal notés. La réforme permet de ne faire qu’un tiers du service d’enseignement normal. Et pour ceux qui n’auraient pas une évaluation de leurs travaux favorable, ce temps peut être augmenté. En somme, si vos évaluations ne sont pas bonnes, vous avez comme punition de faire plus d’heures d’enseignement !

La suppression de postes : 900 suppressions de postes sont prévues dans l’enseignement supérieur et la recherche. Or, l’accès à l’université, la réussite des étudiants et la bonne marche de la recherche française sont directement affiliés à un fort encadrement de personnels. Aujourd’hui déjà, les amphis sont bondés et les universités vétustes, et la suppression de 900 postes serait catastrophique.

Une baisse de 15% des postes ouverts aux concours de l’enseignement en 2009 est prévue.

La formation des enseignants : l’IUFM va disparaître et les étudiants désirant devenir enseignants devront désormais avoir un bac +5. Le problème n’est pas le niveau requis (au contraire, les étudiants seront désormais titulaires d’un master 2), mais la formation qu’ils devront suivre. Le contenu professionnel n’est plus axé sur des stages pratiques et les futurs enseignants auront donc moins de connaissances pratiques qu’actuellement.

La réforme du financement des universités : aujourd’hui, la répartition des financements se fait en fonction des besoins des établissements (même si c’est très imparfait). Or, le gouvernement propose de se baser désormais sur des critères de performances des universités ! Les universités qui accueillent plus d’étudiants en difficulté seront donc pénalisées et les inégalités de financements entre établissements exploseront.

La mobilisation actuelle et la réaction du PS

Elle est massive chez les enseignants, les étudiants et les personnels. De nombreuses universités sont aujourd’hui en grève et la mobilisation ne faiblit pas. Si Mme. Pécresse commence à reculer partiellement sur la répartition enseignement/recherche, il n’en est rien sur le reste. Certaines universités sont même bloquées. (Lyon 2 quais et Lyon 1 depuis mardi 3 mars, l’iep).

Nos députés sont intervenus de nombreuses fois dans l’hémicycle pour protester contre les réformes en cours. Mais les réponses du gouvernement n’ont pas été à la hauteur de nos attentes. Le PS accompagne les manifestants qui souhaitent que l’université ne devienne pas un nouveau terrain d’expérimentation sarkozyste, où seuls la compétitivité et la performance sont recherchées. Il se bat évidemment pour qu’aucun poste ne soit supprimé.

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