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prises de positionlundi 19 janvier 2009
par Fédération

Riposte n°39: les chiffres du chômage

La faillite de la politique du Gouvernement en matière d’emploi

Le chômage repart à la hausse depuis le mois d’août dernier. Fin novembre, le nombre des demandeurs d’emplois atteignait les 2 068 500 soit une hausse de 8,5% en un an. La crise économique internationale, qui tombe à point nommé pour expliquer les mauvais chiffres, ne doit pas faire oublier la faillite de la politique gouvernementale en matière d’emploi.

La politique libérale conduite par la droite depuis 2002 repose sur le démantèlement du code du travail et parie sur les bienfaits de la déréglementation du marché du travail. Cette politique est un échec que les chiffres officiels du chômage, de plus en plus éloignés de la réalité, masquent difficilement.

Les chiffres officiels du chômage sont erronés pour plusieurs raisons :

-       Les chiffres de l’ANPE, qui constituent les chiffres officiels en France, sont sensiblement inférieurs à ceux établis par l’INSEE sur la base des critères du BIT (2 millions contre 2,3 millions de chômeurs). C’est cet écart qui a conduit l’INSEE à renoncer à publier son enquête emploi pendant la campagne présidentielle 2007.

-       Aux chiffres du chômage selon les critères du BIT, il convient d’ajouter un halo de 750 000 à 800 000 personnes qui cherchent un emploi mais ne sont pas comptabilisés comme chômeurs (source : DARES, 2008).

-       Les données ne tiennent pas compte non plus du temps partiel contraint que le BIT nomme sous emploi : les personnes concernées ont un emploi mais souhaiteraient travailler davantage. 1,4 millions de personnes sont dans ce cas (DARES, 2008).

Jusqu’au renversement récent de la conjoncture économique, la création nette d’emplois était portée par la construction et les services aux particuliers, secteurs très marqués par le temps partiel et le sous emploi. Or, le sous emploi touche en priorité les femmes : 30% des femmes sont à temps partiel contre seulement 6% des hommes (enquête emploi INSEE 2007).

Les chiffres officiels du chômage masquent ainsi une double réalité sociale :

-       Un nombre croissant de personnes disparaissent des statistiques du chômage. Selon les ‘enquêtes sortants’ de l’ANPE, moins d’une sortie sur deux des statistiques du chômage est due à une reprise d’emploi. Au fil des radiations ou des sorties de chômeurs découragés par la pression que le service public de l’emploi est désormais contraint d’exercer, la réalité du chômage devient ainsi de plus en plus difficilement saisissable. Si l’on prend en compte les Rmistes, qui ne sont pour la plupart pas comptabilisés dans les chiffres du chômage, et ceux qui sont dispensés de la recherche d’emplois, le nombre des personnes privées d’emploi avoisinent ou dépassent sans doute le chiffre de 4 millions.

-      Ceux qui retrouvent un emploi vivent bien souvent une situation d’emploi précaire et de sous-emploi. La prétendue amélioration de l’emploi en France ne repose pas seulement sur un escamotage de centaines de milliers de chômeurs, mais elle masque aussi le développement du phénomène des travailleurs pauvres. Les salariés qui n’ont qu’un emploi à temps partiel voire très partiel au taux horaire du SMIC se retrouvent au-dessous du seuil de pauvreté défini par l’Union européenne (60% du revenu médian). Selon les statistiques de l’OCDE, 8% des salariés sont aujourd’hui dans cette situation en France.

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