Le dossier des retraites est un sujet majeur pour les années à venir. André Martin, militant socialiste et syndicaliste CGT nous l’a démontré de façon claire et détaillée lors la matinée formation organisée le samedi 14 juin par les secrétariats fédéraux « Questions de société » et « Relations avec les organisations syndicales ».
Dans son intervention, André Martin a rappelé les grandes étapes de la construction du régime de retraite par répartition depuis a Libération et les mécanismes techniques du calcul des taux de retraites.
Au début des années 1990, on pouvait considérer que la retraite par répartition en France avait permis d’établir un système économique et sociale de redistribution envié par de nombreux pays européens.
Le principe de base étant :
Droit potentiel à retraite : âge 60 ans, durée de cotisation 37.5 ans et taux de remplacement du salaire par la pension de l’ordre de 75 % (régime de base et retraite complémentaire)
Les lois Balladur et Fillon diminuent considérablement les taux de remplacement, et allongent de façon uniforme la durée des cotisations. Elles remettent en cause l’essentiel des acquis de la répartition, notamment pour les salariés du secteur privé. Le rêve libéral de Nicolas Sarkozy prend corps avec le démantèlement progressif de notre système de retraite par répartition au profit d’une prévoyance privée et inégalitaire. La loi Fillon notamment, enclenche un projet visant à substituer à terme la capitalisation à la répartition, celle-ci n’assurant alors qu’une pension de survie
Les socialistes, au coté des organisations syndicales, réaffirment que d’autres choix sont possibles malgré la politique de désinformation de l’actuel gouvernement. Car l’accès à une retraite décente constitue le patrimoine de ceux qui n’ont rien. Deux priorités s’imposent donc : une revalorisation très sensible des petites et moyennes pensions et l’inversion de tendance à l’érosion inquiétante du taux de remplacement, la soi disant réforme de 2003 ayant aggravé les inégalités sociales au point de baisser régulièrement le taux de remplacement depuis plusieurs années et n’ayant pas empêché le déficit de la branche vieillesse du régime général qui atteint près de 5 milliards en 2007.
Les socialistes proposent d’autres voies, lucides et ambitieuses, notamment une politique volontariste de l’emploi (plus de cotisants offrant plus de cotisations) par la relance du taux d’activité des seniors (50-60 ans) et des jeunes de moins de 30 ans , par le ré-abondement régulier du fonds de réserve, créé par la gauche en 1999 et abandonné depuis 2002, par l’aboutissement d’un accord sur la pénibilité et par la mise en place d’une contribution de solidarité pour les retraites assise sur l’ensemble des revenus (notamment ceux du Capital) et non sur les seuls salaires .
Les régimes par répartition sont menacés par une croissance molle et par la stagnation de la part des salaires dans la valeur ajoutée. Ces deux facteurs réduisent la taille des richesses à partager entre actifs et inactifs. Doit-on répéter que la part des salaires dans la valeur ajoutée s’est réduite de 10 points au cours de ces vingt-cinq dernières années et qu’à l’exception des années fastes 1988-91 et 1998-2001, la croissance annuelle moyenne a difficilement atteint les 2% ? Si la politique économique parvenait à gagner « le » point de croissance qui nous manque, le problème des retraites serait en grande partie résolu, compte tenu d’un taux de fécondité désormais supérieur à 2. Il ne peut y avoir de solution viable à la pérennisation des retraites par répartition sans un important rééquilibrage entre les revenus du capital et les revenus du travail.
Pour les sections intéressées, André Martin est prêt à intervenir afin que les informations développées lors de cette riche matinée de formation puissent se diffuser auprès de l’ensemble des militants.
Evelyne FONTAINE, Secrétaire fédérale aux Questions sociales
Yann CROMBECQUE, Secrétaire fédéral aux relations avec les organisations syndicales.