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Le 18 avril dernier avait lieu l’élection du président du grand Lyon. Sans surprise, Gérard Collomb était désigné par 117 des 155 conseillers communautaires issus des 57 communes qui constituent le Grand Lyon. On était loin de la précédente élection en 2001, ou Gérard Collomb avait remporté la présidence au terme d’un match serré et au sein d’une assemblée majoritairement à droite. Il faut dire que la donne politique est bien différente désormais et cela mérite quelques explications.

 

 

La couleur politique du Conseil communautaire dépend des résultats aux municipales puisque que les conseillers sont issus à la proportionnelle des conseils municipaux. En revanche, contrairement aux élections municipales, aucun mécanisme n’est prévu pour assurer une cohérence politique à la majorité.

En 2001, la droite était majoritaire mais divisée, en 2008 la gauche domine largement. Les groupes de gauches assurent à eux seuls 55 % de l’effectif des conseillers.

 

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Dans ces conditions, plusieurs scénarios étaient envisageables. Gérard Collomb pouvait se permettre de diriger le grand Lyon avec sa seule majorité de gauche ou préférer une large alliance. C’est la deuxième solution qui a prévalue. A cela plusieurs raisons :

 

  • le groupe Synergie-Avenir, composé de maires de petites communes de l’ouest et du nord du département, avait permis de constituer une majorité stable lors du précédent mandat. Cet accord avait vocation à être reconduit après les élections. Le candidat Collomb s’y était engagé.

  • La gestion du Grand Lyon est traditionnellement peu politisée et se veut consensuelle. On parle « d’accord de projet » plus volontiers que d’accord politique.

  • Le Grand Lyon seul, a les moyens (compétences, budget) de réaliser une bonne part des programmes des municipalités. Il ne serait pas concevable qu’il s’oppose à leur réalisation sous prétexte de différence d’étiquette politique. C’est pourquoi il existe une tradition de neutralité du Grand Lyon concernant la réalisation des projets des municipalités.

 

L’exécutif de ce nouveau mandat renouvelle donc l’expérience du précédent. La participation à la majorité a été proposée à tous les groupes politiques, UDF, Modem et UMP compris. Aucune figure notoire de l’UMP ne s’est enrôlée mais ce groupe a voté pour les 40 vice-présidents. Une majorité impressionnante s’est donc manifesté lors de la séance du 25 avril consacrée à leur élection – à titre d’exemple, le président du groupe socialiste, Jacky Darne a reçu pas moins de 151 suffrages sur une assemblée de 155.

 

La stabilité politique du Grand Lyon est désormais assurée. L’accord qui lie les membres de cette coalition très large se traduira par la rédaction et le vote d’un plan de mandat, vraisemblablement à l’automne.

 

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