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Jacky Darne Jacky Darne est élu de Rillieux, commune dont il était maire auparavant et dont il reste adjoint. Au Grand Lyon, il occupe les fonctions de vice-président chargé des finances et de Président du groupe socialiste.

 

quelles sont les particularités du fonctionnement politique du Grand Lyon ?

Le Grand Lyon est une communauté urbaine : Un Groupement de communes dont les membres sont désignés par les conseils municipaux, c’est une élection au 2eme degré, ce qui pose problème, compte-tenu de l’importance des compétences et du budget. Chaque commune désigne au moins un représentant, pour les autres le nombre est proportionnel à la population.

Le Grand Lyon comprend 57 communes depuis l’arrivé au 1er janvier 2007 des communes de Givors et Grigny.

La communauté urbaine est présidée par Gérard Collomb, entouré d’un exécutif dont chacun des membres reçoit une délégation.

 

Quelle est la nature de la majorité autour de Gérard Colomb au cours de ce mandat ?

Aucun groupe politique ne détient la majorité à lui seul compte tenu de la diversité des couleurs politiques des différentes communes. En 2001 a été négocié un plan de mandat avec tous les groupes politiques à l’exception du groupe milloniste. Quelques années après les élus de l’UMP ont quitté l’exécutif. C’est une gestion politique bien sur, plus complexe que si la majorité était détenue par une seule couleur puisqu’il y a besoin de négociation. Mais chaque commune peut faire valoir ses orientations. Au total la majorité a été solide est continue à titre d’exemple tous les budgets ont été voté par plus de cent conseillers.

 

quels sont les scénarios pour le lendemain des municipales et quelles en sont les conséquences au Grand Lyon ?

Le plus probable est celui d’un modèle assez proche de ce qui existe aujourd’hui (sauf que le groupe Milloniste n’existera plus et que de petits groupe politiques peuvent disparaître) En fonction du poids respectif de chaque parti, le plan de mandat sera plus ou moins infléchi. Evidemment on ne peut exclure qu’une coalition d’une partie de la droite détienne une majorité absolue et exclue la gauche de la majorité. Mais la probabilité de ce scénario catastrophe est faible.

 

Quel a été le rôle du groupe socialiste et de son président pendant ce mandat ?

Globalement l’entente fut bonne entre le président de la communauté urbaine et le groupe socialiste, l’appartenance au même parti y est pour beaucoup ; le groupe n’a à aucun moment été perturbé par des débats de tendance ou de motion. Mais bien sur il arrive assez fréquemment que le point de vue des élus d’une commune particulière ou d’une zone géographique soit différent de celui proposé par l’exécutif. Nous avons géré ces contradictions dans la plupart des cas par la négociation.

 

 

Si nous gagnons, quelles sont les évolutions prévisibles dans notre politique au Grand Lyon ?

Les principales orientations politiques ne sont pas remises en cause il faut plutôt les amplifier dans trois domaines principaux : celui du développement maîtrisé de l’agglomération, celui du logement, celui des déplacements.

Très probablement les compétences du Grand Lyon évolueront en fonction des réfections déjà conduites (exemple : réseau Haut débit, énergie et réseau de chaleur, évènements sportifs et culturels…)

L’organisation devrait être plus encore décentralisée qu’elle ne l’est aujourd’hui afin que la communauté urbaine soit plus proche des élus communaux et des habitants. Un des points de blocage important est celui du financement. L’évolution des ressources de la communauté urbaine dépend essentiellement de la taxe professionnelle, or les différentes réformes apportées à celle-ci font que leurs croissances sont très modestes.

 

 

Quel espoir as-tu pour le prochain mandat ?

Je souhaite que le sentiment d’appartenance à l’agglomération soit assez fort pour que nous puissions mettre en œuvre des politiques qui assurent vraiment cohésion sociale et solidarité ET développement économique, ces deux objectifs doivent être conduit simultanément dans l’esprit du développement durable. Je crois que nous avons les atouts pour faire face aussi bien aux concurrences internationales qu’aux tensions sociales ; encore faut-il que les politiques d’Etat ne viennent pas trop contrarier nos volontés. J’ai l’espoir aussi que nous saurons développer une agglomération en réseau. Les conférences de maires déjà mises en place en constituent les prémices, j’ai l’espoir enfin que les limites géographiques de la communauté urbaine pourront être élargies soit par des accords de partenariat avec d’autres communautés de communes soit par des communes voisines qui souhaiteraient rejoindre le Grand Lyon.

 

 

Quels sont tes projets pour le lendemain du 16 mars ?

J’espère d’abord pouvoir boire le champagne parce que beaucoup de candidats socialistes auront remporté les élections. Ca serait normal que nous progressions non seulement parce que nous avons bien travaillé mais parce que je suis convaincu que dans les agglomération la réponse au problème ne viendra pas de la déréglementation et des lois du marché mais d’une volonté partagée par le plus grand nombre possible d’acteurs de maîtriser la croissance.

Enfin à titre personnel j’aurai plaisir à retrouver la rue du Lac si les électeurs de Rillieux-la-Pape et son Conseil municipal me le permettent.

 

 

Propos recueillis par Laurent Jauffret

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