A l’heure où les métropoles sont en compétition pour attirer l’activité, comment permettre à chacun de trouver un emploi ? Cette charte affirme la nécessité de lier l’attractivité de notre agglomération à son développement solidaire et à la protection de l’environnement.
La qualité de vie des habitants d’une agglomération dépend avant tout de leur accès à l’emploi, condition pour en être des acteurs à part entière. Face à un chômage de masse, l’emploi est devenu un enjeu majeur pour les territoires. Dans un contexte de décentralisation et de mondialisation, ils sont de plus en plus entrainés dans une compétition pour attirer l’activité économique.
Le Grand Lyon n’exerce pas la compétence « emploi », mais ses compétences en matière de développement économique et de coordination des politiques d’insertion lui confèrent néanmoins deux leviers importants pour relever ce défi, et figurer aujourd’hui parmi les agglomérations les plus dynamiques.
La politique de rayonnement et d’attractivité a été renforcée par la création de grands événements et de grands équipements, et par le développement de partenariats performants pour accompagner et sécuriser la création et la transmission d’entreprises. Parallèlement, le Grand Lyon a construit les bases d’une mise en réseau des politiques locales d’insertion par l’emploi.
Il faut poursuivre sur cette voie de l’alliance entre le rayonnement et la solidarité. Parce que le développement économique doit profiter à tous, à tout le territoire et à tout le tissu économique et social. Parce qu’un développement économique solidaire est aussi un facteur de l’attractivité de notre agglomération.
Mais cet objectif doit être guidé par l’exigence environnementale, et le Grand Lyon doit s’imposer comme un acteur responsable d’un développement économique durable.
L’attractivité et le rayonnement au service de l’emploi
L’attractivité d’un territoire repose sur plusieurs facteurs.
Être attractif, c’est d’abord séduire les individus avec un cadre de vie de qualité, une vie culturelle, un patrimoine historique, des loisirs, et le développement du tourisme pour tous, qui constitue un gisement d’emplois non délocalisables.
On pense aussi naturellement aux infrastructures. L’effort fourni sous ce mandat est considérable, tant sur les technologies de l’information, le foncier et l’immobilier d’entreprise, que sur les grands équipements comme la salle 3000. En lançant ces grands projets, le Grand Lyon est un pourvoyeur d’emplois et d’activités pour nos entreprises.
Mais l’attractivité dépend aujourd’hui davantage d’autres facteurs liés à l’économie de la connaissance, et surtout à la capacité des acteurs à travailler ensemble.
Miser sur l’économie de la connaissance c’est favoriser la richesse et la diversité des talents. Le Grand Lyon a un rôle à jouer pour valoriser ces ressources en formation et en matière grise. Il est essentiel de disposer d’une grande diversité de formations en phase avec les besoins économiques et sociaux du territoire. Le Grand Lyon pourrait favoriser cette cohérence en établissant une carte complète des formations. De même, l’excellence scientifique et universitaire et la coopération entre recherche et entreprises sont des enjeux pour l’innovation. Le Grand Lyon a déjà affirmé son soutien aux ambitions du PRES-Université de Lyon et à ce type de coopérations, notamment au sein de ses pôles de compétitivité et d’excellence. Il faudra à l’avenir être capable d’accueillir et de loger chercheurs et étudiants
Enfin, un enjeu majeur pour les métropoles réside dans des partenariats performants. La démarche Grand Lyon l’Esprit d’Entreprise nous a doté d’un mode de gouvernance original qui fédère tous les acteurs du développement, chambres consulaires, enseignement supérieur, organisations patronales. Pierre angulaire de nos politiques de développement, ces partenariats ont fait de notre agglomération la plus attractive et la plus créatrice d’emplois de France. Pour aller plus loin, il faudra proposer aux organisations salariées d’y participer, et les ouvrir au secteur non marchand.
Un développement économique pout tous
L’arrivée de grandes entreprises et les pôles de compétitivité symbolisent la réussite du modèle lyonnais. Avec plus de 300 M€ d’investissements, ces derniers sont des locomotives. Derrière ces têtes d’affiche, c’est l’équilibre et la diversité du tissu économique et social qui sont en jeu. Derrière les grands comptes pointent les petites entreprises dont l’intégration aux pôles de compétitivité doit être systématisée, pour en maximiser l’effet d’entrainement. Derrière le secteur marchand pointe l’économie sociale solidaire avec une mine d’emplois répondant aux besoins des personnes comme à ceux des entreprises. Avec des outils innovants comme le microcrédit, la micro-assurance ou le capital risque, ce secteur doit être partie prenante de nos politiques. Derrière les secteurs de pointe, se profilent des activités plus traditionnelles d’industrie, d’artisanat ou de commerce. Le Grand Lyon doit généraliser son soutien à l’animation commerciale des centres-villes et accompagner les mutations industrielles
Diversité d’activités, diversité d’emplois, la solidarité économique repose aussi sur l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi. Le Grand Lyon doit être le garant de la cohérence des politiques locales en matière de mobilité, d’insertion vers l’emploi et la formation, de lutte contre la fracture numérique. Il serait pertinent de coordonner les 4 Plans Locaux pour l’Insertion par l’Emploi de l’agglomération au sein d’une plateforme renforcée en moyens humains et financiers. Pour aller plus loin, c’est la question d’une pleine compétence Insertion professionnelle, qui doit être posée. Enfin, fort de son expérience sur les clauses d’insertion professionnelles dans les marchés publics, le Grand Lyon pourrait diffuser son savoir faire vers les donneurs d’ordres publics pour les généraliser à davantage de secteurs et de métiers.
Un développement économique durable
Alors que 80% des produits sont à usage unique et que l’on n’y retrouve que 7% des ressources utilisées pour leur fabrication, l’exigence environnementale s’impose comme une contrainte nécessaire mais aussi comme un moteur du développement d’activités rentables et créatrices d’emplois durables.
Le Grand Lyon doit devenir un pionnier du développement éco-industriel en favorisant de nouveaux modes d’organisation de la production plus économes en ressources, en espaces et en flux. Cela nécessite au préalable une analyse exhaustive de l’ensemble des flux de production et d’échanges de l’agglomération, comme cela a été fait à Genève, pour d’identifier les zones et les secteurs d’activités les mieux adaptés à la démarche éco-industrielle.
Cette ambition peut s’appuyer sur un gros potentiel: 730 éco-entreprises (11000 emplois), le pôle de compétitivité Chimie-Environnement Axelera, le salon Pollutec, et un marché rhône-alpin qui concentre 16% des investissements industriels pour la protection de l’environnement en France.
L’objectif est de limiter les pollutions sonores et atmosphériques, de favoriser les circuits courts de distribution, de valoriser des modes de production circulaires. Le Grand Lyon doit soutenir toute initiative allant dans ce sens, et pourrait promouvoir un « référentiel haute qualité environnementale », avec la création d’un label « éco parc » basé sur un bilan carbone des parcs d’activités.
Le requalification des zones d’activités économiques, enjeu majeur pour l’attractivité des territoires, peut servir de laboratoire à ce modèle. La démarche lancée avec Axelera sur la vallée de la chimie a ainsi fait d’une contrainte une chance, et d’un problème une source de solutions.
Développer l’activité économique pour permettre à chacun de trouver un emploi, faire du respect de l’environnement une chance pour notre agglomération, tel doit être le sens de notre action pour les années à venir;
Ont contribué à ce groupe Guy David et Antoine Ancelet