
Aujourd’hui, Augusto Pinochet sera enterré avec les seuls honneurs militaires. Nombreux sont les chiliens qui ont souhaité la mort de cet homme. Pourtant, dimanche soir en apprenant sa mort c’est un sentiment étrange qui m’a envahi. La joie n’était pas là. Elle ne pouvait pas être là car cet homme s’en va sans rendre compte de ses actes, sans rendre compte aux victimes de la dictature. J’ai surtout pensé à tous ceux qui ont souffert de la dictature du Général Pinochet, pensé à ceux qui sont mort sous la torture tandis que lui mourrait tranquillement sur un lit d’hôpital. Ce matin je pense aux familles de disparus qui attendent toujours de savoir où se trouve le corps d’un proche, d’un parent. C’est étrange aussi de penser que la vie des victimes de la dictature aura autant été lié à un individu.
Deux dates marquent désormais notre mémoire collective : 11 septembre 1973, jour d’un coup d’Etat qui plongea le Chili dans l’horreur, 10 décembre 2006, la mort d’un dictateur qui changea tristement le destin de millions de personnes.
Mauricio Espinosa-Barry
Secrétaire fédéral à la rénovation du parti