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Les expulsions d’enfants scolarisés dont les parents sont sans-papiers se poursuivent.

Le sujet avait déjà défrayé la chronique l’été dernier. Confronté à des situations de plus en plus explosives dans de nombreuses écoles et à l’émotion suscitée par les expulsions de jeunes enfants, le Ministre de l’Intérieur avait tenté de faire diversion en proposant un processus de régularisation. Hélas, la situation est restée très incertaine et les associations ont pointé les critères fluctuants, voire l’arbitraire de cette procédure.

Les limites d’une application stricte et sans humanité de cette « circulaire Sarkozy » se voient quasiment chaque semaine. Récemment, c’est la famille Raba qui a été expulsée vers le Kosovo. Après l’échec d’un premier embarquement sur un vol régulier, suite au refus du pilote, le « Ministre de la chasse aux enfants » les a fait transférer du centre de rétention de Lyon-Saint-Exupéry à Paris puis Toulouse avant leur départ par avion spécial et sous la surveillance de 10 policiers pour Pristina. Coût de l’opération 30 000 € des plaies et des bosses !

Face à ces situations : le devoir de mobilisation.

Le Réseau Education Sans Frontières (R.E.S.F.) mène un travail remarquable d’accompagnement des familles menacées d’expulsions. A plusieurs reprises ses Comités Locaux ont réussi à faire échouer ces violentes reconduites à la frontière. Parallèlement, les Parlementaires Socialistes, lorsqu’ils sont sollicités, interviennent parfois pour demander les réexamens des situations de ces enfants et de leurs parents et la prise en cause de leur attachement à la France (scolarisation, maîtrise de la langue française et pas celle du pays d’origine des parents…).

Des Députés du Groupe Socialiste de l’Assemblée Nationale ont également demandé la création d’une Commission d’Enquête sur l’application de la circulaire »Sarkozy ». En effet, les gesticulations du Ministre et ses annonces – a priori – laissent craindre qu’un pourcentage d’acceptation ait été fixé arbitrairement et qu’une logique de chiffres ait pris le pas sur l’examen équitable et approfondi des dossiers de régularisation déposés.

Les parrainages républicains d’enfants scolarisés dont les parents sont sans-papiers

Un autre soutien, symbolique, peut être apporté, par les élus municipaux, à ces familles. Il s’agit de l’organisation de cérémonies de « Parrainage républicain ». Prévu par la loi du 20 Prairial An II, qui n’a jamais été abrogée, cet acte permet aux élus, à des responsables associatifs ou à des parents d’élèves de devenir parrains et marraines républicains de ces enfants menacés d’expulsion.

Une bonne occasion de rappeler des articles de la Déclaration des Droits de l’Enfant et notamment celui-ci : « Les droits doivent être reconnus à tous les enfants sans exception aucune, et sans distinction ou discrimination fondées sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou sur toute autre situation ». (un exemple de discours de parrainage républicain à cette adresse)

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